Salvador Dalí - La persistance de la mémoire

Dernière mise à jour : 19 juil.

Un soir de fatigue, j’avais une migraine. Nous devions sortir avec des amis et au dernier moment je décidai de rester à la maison. (…) Nous avions terminé notre dîner avec un excellent camembert et lorsque je fus seul, je restai un moment accoudé à la table, réfléchissant aux problèmes posés par le « super mou » de ce fromage coulant. Je me levai et me rendis dans mon atelier pour donner un dernier coup d’œil à mon travail. Le tableau que j’étais en train de peindre représentait un paysage des environs de Portlligat…

Au premier plan, j’avais esquissé un olivier coupé et sans feuilles. Ce paysage devait servir de toile de fond à quelque idée, mais laquelle ? Il me fallait une image surprenante et je ne la trouvais pas. J’allais éteindre la lumière et sortir, lorsque je « vis » littéralement la solution : deux montres molles dont l’une pendrait lamentablement à la branche de l’olivier. Malgré ma migraine, je préparai ma palette et me mis à l’œuvre. »

La persistance de la mémoire de Salvador Dalí et ses montres coulantes nous plongent un monde allégorique, à la lisière de l'imaginaire. Ce petit tableau précis nous invite à l’examiner de plus près : quatre montres à gousset que le temps a ramollies occupent un paysage fantasmagorique. Une mouche est posée sur la montre de gauche et attire notre regard. Dans la Renaissance, les mouches symbolisaient la dextérité et le savoir-faire du peintre. Sa capacité à fourvoyer le regard par le naturalisme de son tableau. La mouche revête ici d'autant plus d'importance car elle met en évidence le mouvement continu du temps. Elle s'est introduite dans le cadre sans qu'ont l'ait invitée. Elle n'est pas soumise aux lois temporelles et peut quitter la scène à tout moment. Un peu plus bas, des fourmis grignotent une montre orange. Ces insectes récurent dans l’œuvre de Dalí évoquent la mort, la dégénérescence et la décomposition – comme des empreintes laissées par le temps. Dans cet univers où les minutes s'étirent comme du caoutchouc, Dalí porte une réflexion sur le temps qui défile et nous invite à faire de même en méditant sur notre capacité à l’apprivoiser. Nathan.


Salvador Dalí, La persistance de la mémoire, 1931, huile sur toile, 24x33 cm, MoMA, New York.

 

Arasse, Daniel. L’annonciation italienne, une histoire de perspective. Paris: Hazan, 2010.

Arasse, Daniel. On y voit rien. Paris : Denoël, 2005.

https://www.kazoart.com/blog/oeuvre-a-la-loupe-la-persistance-de-la-memoire-dali/

https://major-prepa.com/culture-generale/la-persistance-de-la-memoire-salvador-dali/

Salcman, Michael. The Persistence of Memory (1931) by Salvador Dalí (1904-1989), World Neurosurgery 76, 5 (November 2011): 364-367.

Shanes , Eric. Salvador Dalí New York. New York: Parkstone International, 2014.

 

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