Jean-Honoré Fragonard - Les Hasards heureux de l'escarpolette

Dernière mise à jour : 31 juil. 2021

La collection privée de Sir Richard Wallace referme un fameux tableau plein de malice - idéal pour décorer une chambre coucher ou un espace intime. Initialement commandé au peintre Gabriel-François Doyen, par le baron François-David Bollioud de Saint-Julien, le client souhaitait y voir sa maîtresse bercée sur une balançoire par un évêque qui lorgne discrètement ses sous-vêtements. Mais craignant le scandale, l'artiste déclina la commande et l'exécution du tableau revint à Fragonard.

Sur un fond vaporeux, Fragonard dépeint une jeune femme se balançant sur un siège doré tapissé de velours rouge aux cordes accrochées a branches d’un arbre. Éclairée d’une lumière céleste elle laisse échapper son soulier en signe de promesse à un amant clandestin dissimulé dans les buissons.

La scène prend une tournure presque comique lorsque l'on remarque l'évêque qui la pousse avec force, sans se douter d'une présence dans la broussaille. Deux angelots observent la scène s'appuient sur une ruche qui évoque le miel et l'aiguillon, signe de l'amour interdit.

La composition pyramidale nous pousse à réfléchir sur ce triangle amoureux. A gauche, Cupidon contemple la scène et ferme la bouche avec son doigt comme pour taire un secret...

A droite, un petit chien blanc aboie, manquant de le trahir - l'exaltation est à son comble.

Méprisé par le public mais adulé à la Cour pour la sensualité de ses tableaux, Fragonard nous livre ici une vision élogieuse de la séduction. Entre loyauté et trahison, morale et indécence, l'escarpolette est peut-être le symbole de la nature humaine et de la lutte inexorable entre volupté et conformisme. Avant que n’éclate la Révolution et que Fragonard soit condamné pour son adhésion à la Cour, faisons durer le plaisir, à l’ombre des regards, dans un jardin secret où la luxure règne en maître du haut de sa balançoire.

Anna Spivak

Nathan Lifshitz


1. Jean-Honoré Fragonard, Les hasards heureux de l'escarpolette, 1767, huile sur toile, 81x64 cm, Wallace Collection, Londres

 

Journal et mémoires de Charles Collé sur les hommes de lettres, les ouvrages dramatiques et les événements les plus mémorables du règne de Louis XV (1748-1772), t. 3, Firmin Didot, 1868, « Octobre 1767 », p. 165-166. https://youtu.be/4qU2qfq-b2Q

פייפר, ד' (1992). הרוקוקו בצרפת ובגרמניה. האנציקלופדיה לאמנות הציור והפיסול, כרך ב (עמ' 241). ירושלים: בית הוצאה כתר. קונטי, פ' (1998). הציור. אמנות הרוקוקו (עמ' 50-54). תל אביב: דביר הוצאה לאור.

 

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